Tout a commencé au début de l'année 1970.
Nous étions, je m'en souviens, un samedi ; une journée triste de février.
J'avais 16ans...
Ce jour là, j'ai perdu mon vieux chien. Un bon vieux chien sans race avec seulement de l'amour et de la fidelité comme pédigree.
Pour me sortir de ce chagrin qui me semblait inconsolable, mes parents dès le lendemain emmenèrent toute la famille dans une sorte d'élevage; je dirais plutôt aujourd'hui chez un marchand de chiens.
Mais c'est là pourtant, dans cet endroit sordide, que m'attendait le bonheur.
Dans un enclos de vieux grillage et de tôles, une vingtaine de chiots de toutes races attendait un maitre.
A notre arrivée, tous ces bébés viennent à notre rencontre, nous font la fête, déploient tout leur savoir faire pour nous séduire... tous sauf un ou plutôt une qui reste dans son coin à observer la scène. Pas par peur, mais par pudeur, par fierté, par noblesse d'âme.
Nos regards se sont croisés instantanément. Les autres chiots ont cessé d'exister.
De mes 16ans, je croyais que le coup de foutre n'arrivait qu'avec une femme...
J'ai su à cet instant que ce serait celle-là.
Elle s'est levée et est venue vers moi, je suis certain que pour elle aussi, le reste du monde avait cessé d'exister.
Mon père a vu la scène, le vendeur aussi.
Comme il voulait absolument nous vendre un dalmatien qu'il avait en surnombre, il nous dit que le Chow-chow était plus cher parce qu'il avait des papiers que nous n'avons jamais reçus.
Mon père avait compris ce qui s'était passé entre la chienne et moi.
Il savait que maintenant aucun autre chien ne pourrait convenir.
En homme sage, il négocia le prix et nous partîmes avec Diane ... |